Actualités

Partager sur :
12 octobre 2020
Annuaire

Diplômé en période de crise - Stephane Thomas (p2008)

Vue 152 fois

Qui êtes-vous ?

 

Stéphane THOMAS, IFI2008, Ingénieur Digitalisation. En couple avec une Emacienne. 1 enfant. Bientôt 2. Je vis à Toulouse et travaille chez moi pour un grand groupe du service aux entreprises. C’est ma 6ème entreprise, mon 13ème poste/fonction/mission.

 

 

 


Crise et formation

Avez-vous subi les effets de la crise ... ?

J’ai « profité » des protections de l’état et des sociétés face aux crises économiques : chômage partiel rémunéré, chômage. J’adapte mon train de vie en fonction des revenus que j’ai.

Je subis les effets de la crise environnementale tous les jours : moins d’oiseaux, d’insectes, appauvrissement des sols, température en hausse, sécheresse, … La Société n’offre que peu de solutions dans cette crise longue et qui est de plus en plus intense.

... dans votre plan ce carrière ?

Pas vraiment. Je ne suis pas un spécialiste. Je n’ai pas de plan de carrière. Je ne suis attaché à aucun secteur d’activité. J’ai travaillé dans l’automobile, l’aéronautique, le conseil, la propreté au gré des opportunités. J’ai été sur une chaîne de production, sur des plateaux d’équipe de système d’information, au sein de comité de direction, en audit terrain à intervenir en tant qu’expert, facilitateur, planificateur, …

Conseillez-vous d’adapter un parcours scolaire (choix des options/double diplôme) pour l’orienter vers des domaines moins impactés ou plus « d’avenir », quitte à le faire au détriment du parcours scolaire envisagé avant la crise ?

Je conseille de faire ce qu’il vous plait. Si vous ne savez pas ce qui vous plait, ce qui est assez courant, vous pouvez visez de ne pas faire ce qui ne vous plait pas.

Les secteurs et surtout les entreprises d’avenir sont celles qui ont une raison d’être qui intègre un projet de société compatible avec le maintien de la vie sur la planète. Cela pourrait sembler basique à priori mais qui est assez ambitieux : quelle entreprise aujourd’hui peut assurer que sa raison d’être est compatible avec un réchauffement climatique inférieur à 2°C. Corolaire, si vous visez d’être exploitant gaz de schiste, vous subirez certainement la crise actuelle et celles à venir. Idem pour l’aéronautique, l’automobile, le pétrolier, l’agroalimentaire et l’agriculture de masse pour ne citer que ceux-là.

Avec le recul que vous avez maintenant, pensez-vous que la formation dispensée à l’école est encore utile/pertinente dans la société actuelle ?

Pour l’enseignement de 2008 : Oui et Non.

Non : le contenu de l’enseignement n’était pas adapté du tout aux défis de notre société qui est « comment éviter de ruiner les chances de la vie sur Terre ? ». Le contenu de l’enseignement visait plutôt à répondre à : « comment « optimiser » la société actuelle quelques soit ses travers ? ». A aucun moment, il n’a été question de l’environnement.

Oui : les cours, projets, vie scolaire, stages permettent de se construire un esprit critique, de formuler un problème, d’analyser un système et d’être capable d’apprendre et de s’adapter. A chacun d’utiliser ces « outils » pour évoluer dans le monde actuel et à venir.

Crise et économie 

Comment la crise de 2008 a-t-elle impacté les salaires ?

La crise a ralenti ou stoppé les augmentations pendant 2 ans dans mon entreprise d’alors. Le turnover était moins important et on n’augmentait pas forcément son salaire lors d’un changement de poste/entreprise. 

Avez-vous une idée de l’impact de la crise actuelle ?

Les salaires sont figés dans mon entreprise. D’autres entreprises licencient. Je ne m’attendrais pas à un salaire d’embauche du même niveau que les promos précédentes. Par contre, il sera possible de négocier du télétravail à l’embauche alors que c’était impensable il y a 12 ans. Cela peut jouer beaucoup sur l’équilibre de vie, plus qu’un meilleur salaire.

Pouvez-vous estimer le temps qu’il faudra pour revenir la situation économique qu’on connaissait avant cette crise ?

Cela dépendra pour beaucoup des politiques mises en place par les états. Quelle sera le « terme » de leur vision.

La situation économique se mesure avec le PIB (ou la croissance de ce PIB) qui est actuellement corrélé fortement à la consommation de pétrole et donc assez directement à l’émission de gaz à effet de serre. Meilleure est la situation économique, moins de temps il nous reste à vivre sur la planète.

Dans tous les cas, cela dépendra des secteurs, des aides des états. L’aéronautique est sinistrée pour un cycle de 4-5 ans au moins. L’automobile pourrait repartir avec l’hydrogène. Les ENRs pourraient être aidé et il est possible que certaines productions soient relocalisées.

Pensez-vous que ce sera plus ou moins long qu’en 2008/2009 ?

Beaucoup plus long. 16 millions de personnes n’ont pas travaillé pendant un quart d’année rien qu’en France. L’impact est colossal sur les trésoreries, les stocks, les commandes, les délais de productions.

 

Crise et premier emploi

Beaucoup d’élèves semblent concernés par l’avenir du secteur aéronautique, travaillez-vous dans ce secteur ? Quelle est votre vision des choses sur ce point ?

Le secteur aéronautique est mort pour 4-5 ans. Les cadences de production avion ont été divisées par 2 à 4 chez Airbus & Boeing suivant les programmes. Les fournisseurs aéronautiques subissent ces baisses de production. Il n’y a plus de commande avion. Les compagnies aériennes sont à l’agonie. Le voyage d’affaire est en berne et on découvre que le télétravail fonctionne. Beaucoup d’entreprises licencient ce qui va mettre sur le marché du travail des personnes très expérimentées. Il y a aura certainement des ouvertures de postes. Mais c’est une super opportunité de ne pas entrer dans un secteur qui sera en crise pendant les 30 prochaines années.

La crise que vous avez vécue a-t-elle impacté votre recherche de stage/d’emploi ?

Stage non : les stages débutaient en février 2008, la crise a explosé à l’été 2008.

Recherche d’emploi : non, mais j’ai signé mon contrat la veille du gel des embauches.

Est-ce que les entreprises privilégieront les stagiaires potentiellement moins chers, ou au contraire des personnes plus expérimentées plus « rentables » ?

Il y a un paramètre dans cette crise COVID : le retour au bureau n’est pas effectif dans les entreprises. Le télétravail se développe ou reste à un niveau élevé. Comment former/accompagner une personne à distance (partiellement, ou complètement) ? Les stagiaires ne seront pas forcément privilégiés dans ce cadre. Les plus expérimentés pourraient ne pas vouloir baisser leurs prétentions salariales. Il reste donc les fameux jeunes diplômés avec 2-5 ans d’expérience.



7
J'aime

Commentaires

Vous devez être connecté pour laisser un commentaire. Connectez-vous.