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06 février 2014
Ecole

Augmentation des droits de scolarité: la position de Mines Albi Alumni

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Cher(e)s diplômé(e)s,


Le 23 décembre dernier, le Ministère du Redressement Productif (dont dépendent les Ecoles Mines-Télecom) a signé un arrêté qui porte le montant annuel des droits de scolarité à 1850€.


Cet arrêté modifie celui du 2 mai 2013, qui passait les droits de 800 à 850€. La dernière réévaluation datait de 2008.


L’Ecole a consulté le bureau de Mines Albi Alumni le 17 décembre sur ce projet d’augmentation et a présenté les arguments qui justifient cette volonté.

 

Au titre de Mines Albi Alumni, nous nous sommes opposés à cette modification des droits de scolarité.


Pourquoi ?


Parce que cette augmentation nous semble disproportionnée (+217% en 7 mois, +340% en 7 ans). L’argument de la tutelle de mieux correspondre au « coût de la formation » ne nous semble pas recevable dans le cadre d’une Ecole nationale et publique. Le rôle d’une Ecole d’ingénieur publique n’est pas, à notre sens, de « vendre » une formation, mais de former les futurs ingénieurs français. C’est un investissement pour l’avenir industriel et économique de notre pays.


Parce qu’on ne sait pas où s’arrêtera cette logique de participation aux frais de formations : 20, 50, 80% ? En 2008 déjà, lorsque la tutelle avait décidé le passage des droits de scolarité de 400 à 800€, j’avais écrit à Mme Christine Lagarde, Ministre de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi, pour lui demander si d’autres réévaluations étaient programmées. Le représentant de la tutelle m’avait alors répondu qu’il n’était pas prévu d’autre augmentation.

En constatant aujourd’hui que cette réponse était malheureusement fausse, on peut légitimement s’inquiéter pour l’avenir.


Inquiétude confirmée par le document de l’Institut Mines Télécom qui contient la phrase suivante :
« Le contexte budgétaire difficile de l’Etat français pour les prochaines années a amené les écoles de l’institut Mines-Télécom à identifier de nouvelles pistes de financement complémentaires à la subvention pour charge de service public, permettant de réduire la dépendance des écoles à la subvention d’Etat »


N’est-ce pas justement le propre d’une Ecole publique d’être financée majoritairement par l’Etat ? Et n’est-ce pas ce qui lui assure une certaine « indépendance » ? En augmentant la part de financements extérieurs et en désengageant l’Etat (garant de l’intérêt commun), on ouvre la porte à une Ecole, et donc des formations, pilotées par des intérêts privés.


Parce que si, à l’avenir, ce sont les familles, les étudiants ou des entreprises qui financent majoritairement notre Ecole, qui pourra s’opposer à ce que les contenus des cours soient orientés pour correspondre à leurs intérêts ?



Parce qu’en portant les droits de scolarité à 1850€, la « concurrence » avec des Ecoles d’ingénieurs « moins chères » mais de niveau équivalent du bassin toulousain sera plus difficile.


Enfin, et c’est notre inquiétude principale, parce que cette augmentation brusque et disproportionnée risque d’introduire une sélection par les revenus (et non plus uniquement sur les qualités) des futurs étudiants.


Le paragraphe suivant du document de l’Institut semble confirmer nos craintes :
« La hausse synchronisée des droits dans toutes les écoles d’ingénieurs de l’Institut Mines-Telecom sera l’occasion de mettre en place un nouveau dispositif d’accompagnement social qui sera défini d’ici début avril 2014, à temps pour que les candidats à l’admission dans nos écoles sachent exactement les conditions financières de leur inscription en considération de leurs situations personnelles. »


Il est donc évident que, désormais et plus que par le passé, la situation financière des futurs étudiants devient un critère d’inscription.


Voilà, en résumé, pourquoi Mines Albi Alumni est opposé à cette décision.


C’est pourquoi nous avons saisi le Ministre à ce sujet, afin de formuler un recours et demander le retrait de cet arrêté.


Ceci étant dit, l’Ecole nous a informés que, suite à cette hausse des droits de scolarité, les critères d’attribution de bourses ont été revus à la hausse.
Ainsi, pour exemple, un couple gagnant 5000 €, avec 2 enfants en études supérieures dont l'un au moins est en formation loin du domicile est aujourd'hui exonéré de droits de scolarité. De plus, pour éviter les effets de « seuil » lors de l’attribution des bourses, un échelon 0 bis a été créé.
Enfin, un échelon 7 de bourses plus élevées pour les revenus très bas a été instauré.


Nous tenons à saluer ces efforts.


Enfin, nous voulons également rappeler que Mines Albi Alumni est tout à fait conscient de la situation délicate du budget de l’Etat et de la nécessité de faire des économies, lorsque cela est possible et surtout pas au détriment des élèves.

A ce titre, Mines Albi Alumni a suspendu en 2013 sa demande de subvention annuelle auprès de l’Ecole et soutient les budgets du BDE et du Gala des Elèves. Nous avons d’ailleurs signé cette année une convention de 3 ans avec ces associations.


L’ensemble du bureau de Mines Albi Alumni reste à votre disposition pour tout détail à ce sujet.
Nous vous invitons à nous faire part de votre avis sur cette question, via un sondage qui sera accessible dès aujourd’hui dans votre espace privé sur mines-albi.org

 

 

Bien amicalement,
Clément Brossard
Président de Mines Albi Alumni




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